1991/08/17
Inauguration de la Route du Maquis Jean-Pierre. Sur ces photos offertes par la famille Offner , vous reconnaîtrez Anatole, Cricri (l’épouse de Pierre Monteil), Lucien Montarnal, Tony Rosoy, Gilbert Caumette, André Boutaric, Lucien Salson, et d’autres anciens du Maquis que je n’ai su identifier.









1990/05/02 Barcelone

Du rififi à Barcelone
Les Anciens du Maquis Jean-Pierre avaient pris l’habitude, longtemps après la guerre, d’entreprendre des voyages d’agrément, tous ensemble avec leurs épouses, dans divers pays d’Europe.
L’histoire qui suit raconte une petite aventure savoureuse survenue en Espagne, de retour des îles Baléares, et qui montre à quel point les anciens, même à 70 ans passés, étaient prêts à s’engager physiquement pour défendre leur colonel.
Le 2 mai de l’an de grâce 1991, Luis del Castillo Aragon S’il Vous Plait, Abogado de son état, écrivait au lieutenant-colonel René Méjean (dit Anatole de son nom de guerre) le courrier suivant :
Barcelone, le 2 mai 1991
Mon cher ami
Cette lettre a pour mission de vous informer de la procédure pénale suivie contre vous-même, ainsi que contre Mr. RENE (?) ROZOY, ROGER.P.DEVILLE CHABROLLE et GUY ROGER L. OFFNER. Le Juge d’Instruction qui s’occupe de l’affaire que vous nous avez chargé de défendre, a considéré, à la suite de nos allégations, que vous n’avez aucune responsabilité pénale, raison pour laquelle le dossier a été classé.
Je vous prie de croire, cher ami, en l’expression de mes sentiments les plus distingués.
Luis del Castillo Aragon
Que s’était-il donc passé pour que Guy Offner figure avec trois de ses amis anciens maquisards sur la fiche juge d’instruction N° 95 de Barcelone (Espagne) ainsi libellée : 1 Nom de famille : Offner, 2 Prénom : Guy Roger Louis, Affaire N° D. PV. 1599 /90/C, Date d’enregistrement : 2 mai, Présentations le 25 de chaque mois, ou le jour suivant si celui-ci est férié. Lieu : Bureau des Présentations Personnelles. Porte n° 4 du bâtiment des Tribunaux, au P.° Lluís Companys, n° 1. ?
La fiche suivante complétait l’information dans son jargon aussi judiciaire qu’ibérique, (traduite par ChatGPT)
Service de Garde. Instruction n° 25
À Barcelone, le 2 mai de l’an mil neuf cent quatre-vingt-dix.
FAITS
Seul point. – En cette date, ont été mis à disposition de ce Tribunal, en fonction de garde, R.A. MEJAN, A. M.R. ROZOY, R.P. DEVILLE-CHABROLLE et G.R.P. OFFNER, présumés auteurs d’un délit de lésions, conformément au procès-verbal n° 696 de la Commissaire de Police du Port, et après avoir recueilli leur déclaration, les ayant informés de leurs droits.
RAISONNEMENTS JURIDIQUES
Seul point. – Aucun des critères énoncés à l’article 503 de la Loi de Procédure Pénale n’étant rempli, il est approprié, en conséquence, de déclarer sans effet la détention de l’inculpé.
DISPOSITIF
Il est décidé de déclarer sans effet la détention de René A. MEJAN, Antoine, qui est immédiatement remis en liberté, en donnant les ordres appropriés à l’Agent Judiciaire de service de ce Tribunal. Que la présente décision soit notifiée au Ministère Public et à l’intéressé, en lui rappelant l’obligation de se présenter devant ce Tribunal le 25 de chaque mois.
Signé : RAMON MACIA, Juge du Tribunal d’Instruction n° 25 de Barcelone.
Douze jours plus tard, les journaux espagnols apportaient quelques éclaircissements, ainsi que l’annonçait, sur une carte de correspondance datée du 15/05/90, le brillant avocat barcelonais Luis del Castillo Aragon.
Cher monsieur,
Vous trouverez ci-joint les articles qui ont été publiés dans des journaux de Barcelone. Je vous tiendrai au courant des suites de la procédure. Bien amicalement, Luis del Castillo Aragon.
EL DIA
Y LA NOCHE
(Traduction ChatGPT)
Coups de poing en mer
Beaucoup d’entre eux se sont connus durant les temps difficiles de la Résistance, lorsque la France occupée luttait contre Hitler. Les années ont affaibli leurs muscles, mais pas leur esprit combatif. Avant-hier, ils l’ont encore prouvé, bien qu’ils ne fussent pas sur leur sol natal. En réalité, ils n’étaient pas sur la terre ferme : ils rentraient à Barcelone par bateau.
Depuis le pont, vus de loin, on aurait pu penser qu’ils formaient un groupe ordinaire. Mais c’étaient des Français, descendants des constructeurs de la ligne Maginot, des militaires de haut rang, des fonctionnaires et des entrepreneurs, tous à la retraite et tous ensemble. Surtout à midi, lorsqu’avait lieu la bataille la plus rude de la journée : la lutte pour la nourriture au self-service bondé. Ici, il ne s’agissait pas de gagner du terrain contre une armée ennemie, mais de ne pas perdre sa place dans la file d’attente.
Le Ciudad de Sevilla, théâtre de ces escarmouches, est l’un des cinq navires de la compagnie Transmediterránea qui assurent la liaison entre Barcelone et les Baléares. Il a une capacité maximale de 982 passagers en hiver, bien que la Direction générale de la Marine autorise jusqu’à 1 300 personnes entre le 1er mai et le 5 octobre. « Moins de passagers, moins de charge, même sécurité », commente Israel Rodríguez, chef de la flotte des Baléares.
Le week-end dernier, 1 100 passagers ont embarqué à Palma de Majorque à destination de Barcelone. Parmi eux se trouvaient les vaillants retraités français, âgés de 66 à 80 ans, qui concluaient leur séjour de huit jours en Espagne. À l’heure du déjeuner, qui a dû être organisé en deux services, les touristes attendaient leur tour, assiette à la main. Une femme et sa fille ont tenté de se faufiler, ou du moins c’est ce qu’ils ont cru. René Mejean, 77 ans, lieutenant-colonel d’aviation et chevalier de la Légion d’honneur française, a saisi la jeune fille par l’épaule et l’a repoussée respectueusement. Avec moins d’élégance, mais beaucoup plus d’efficacité, la fillette lui a mordu la main et a réussi à reprendre sa place.
L’incident aurait pu en rester là si, vingt minutes plus tard, un homme d’une trentaine d’années, espagnol, probablement un proche de la fillette mordante, ne s’en était pris physiquement aux retraités. Pour couronner le tout, à l’arrivée à Barcelone, cet homme, qui avait déclenché la bagarre, a porté plainte contre quatre de ses prétendus « adversaires » : Antoine Rozoy, Guy Offner, Roger Deville Chabrolle et un officier à la retraite, dont certains étaient d’anciens membres du Maquis.
La police a arrêté les quatre personnes âgées, bien que personne ne leur ait parlé dans leur langue jusqu’à leur arrivée au commissariat, plusieurs heures plus tard, où ils ont été rejoints par les avocats Luis et Berta del Castillo. Ces derniers ont réussi à éviter que leurs clients, qui restaient en détention, ne passent la nuit au cachot. Les retraités ont été soumis à un examen médical, car certains présentaient des blessures. Le lendemain matin, ils ont été transférés directement à l’Audience.
Le juge de garde, Ramon Macia, les a remis en liberté. Leurs compagnons de voyage les ont accueillis comme des héros. Les anciens détenus souriaient, faisaient le signe de la victoire avec les doigts. Il ne manquait plus qu’ils entonnent La Marseillaise.
TRIBUNAL
(Traduction ChatGPT)
Des touristes francais terminent devant les juges leur voyage, pour une bagarre sur un bateau
BARCELONE
René MEJEAN, parti de France depuis quelques temps pour passer quelques jours de vacances à PALMA de MAJORQUE, ne pouvait s’imaginer qu’il terminerait son voyage devant les Juges pour une bagarre sur un bateau. Ce Lieutenant-Colonel de l’Aviation Française, décoré de la LEGION D’HONNEUR, participa activement à la Résistance pendant le deuxième guerre mondiale.
Ce qu’il prétendait faire, c’est de passer quelques jours en compagnie de ses amis dont la plupart d’entr’eux sont d’Anciens Combattants.
Le 1er mai, de forme inattendue, la révolution est arrivée sur le bateau « Cité de Séville ». Le groupe de 33 Français embarqua sur le bateau à Palma de Majorque, destination Barcelone, après avoir passé de splendides vacances. Leur pensée était de retourner à leur routine journalière dans leur cité.
Leur odyssée commença le mardi 1er mai, à deux heures de l’après-midi, à l’instant où ils faisaient la queue au restaurant en attendant de déjeuner. Ce fut à cet instant que l’un des leurs se rendit compte que deux jeunes filles essayaient de passer devant. Il leur dit de reprendre leur rang derrière tout le monde. L’un des militaires prit le bras de l’une d’elles pour lui confirmer de reprendre son rang. Pour toute réponse, la jeune fille lui mordit la main.
L’incident prit de l’ampleur, jusqu’au moment où apparut un homme d’une trentaine d’années qui prit la défense des jeunes filles et organisa une bataille. Le résultat de la dispute fut que l’homme d’une trentaine d’années sortit, une lèvre coupée et une contusion à la main.
Cependant, quelques Anciens Combattants reçurent des coups sur le visage et la dispute vint aux oreilles des officiers du bateau, et le commissaire du bord enregistra les faits.
Les touristes, une fois au port à 8 heures du soir, furent requis pour faire leur déclaration sur les faits qui s’étaient passé quelques heures auparavant. Quand ils rentrèrent à l’officine, il y eut contact avec la police et l’avocat. Quelques-uns des Anciens Combattants furent amenés au Commissariat du Port où ils passèrent le nuit.
Aux premières heures de la matinée, quelques-uns furent amenés au juge de garde. Après avoir déclaré au juge que le bateau était archi plein, et qu’ils n’avaient pas été traités d’une façon correcte, un des leurs, en sortant de la dépendance judiciaire, a fait le geste de victoire.
Ils furent reçus par leurs amis comme des héros.
Ils laissèrent leur adresse à l’avocat Louis Del Castillo Aragon et montèrent dans le car pour rejoindre la France
Documents d’archives
- Note de l’avocat Luis del Castillo Aragon
- Fiche d’instruction du juge N° 95
- Fiche du service de garde
- Note d’accompagnement du journal de l’époque
- Coupure de presse EL DIA
1988/08/18
Inauguration de l’avenue Pierre Monteil à Espalion. Lire le discours d’Anatole.




Commémoration Maquis Jean-Pierre 17 août 1997




